Lepréau-Lacourdesgrands ..

Roman

Grasset

26,00
26 août 2022

ELOISE

Après une magistrale biographie romancée d'Henry James ( "Le Maître", publié en 2005), Colm Toibin renouvelle l'exercice avec Thomas Mann dans "Le Magicien".
Né dans une grande famille de la bourgeoisie commerçante de Lübeck , Thomas se persuade d'abord qu'il prendra la suite de son père. Mais ce dernier, peut-être plus clairvoyant, écarte ses deux fils de la succession avant de mettre fin à ses jours. Dès lors, la famille s'installe à Münich où Thomas et son frère Heinrich vont fréquenter et même être au cœur d'une nouvelle génération d'intellectuels et d'artistes.
Le riche passé familial nourrit le premier roman de Thomas, "Les Buddenbrook", lui apportant une aisance financière nouvelle et une notoriété qui perdureront toute sa vie. Incarnant l'intellectuel allemand de son temps, d'abord nationaliste durant la 1ère Guerre Mondiale, puis social-démocrate, Colm Toibin rappelle au lecteur d'aujourd'hui combien la voix de Thomas Mann a compté dans son pays et au-delà. Cependant, on retiendra surtout du Magicien le portrait d'un homme d'une grande réserve, aux émois secrets (son attirance pour les jeunes hommes...) et très souvent opaque, même aux yeux des siens. C'est le tour de force de Colm Toibin que de s'approcher de l'insondable avec autant de virtuosité et d'en faire un récit magnétique.

Éditions de L'Olivier

18,00
26 août 2022

DAMIEN

« Pensez-vous que ce soit dans votre intérêt d’avoir un prénom russe dans la société française ? » lui demande la procureure, parfaitement incrédule. Quand Polina - ou Pauline, elle ne le sait plus vraiment - est arrivée en France après la chute de l’URSS, son père fait franciser son prénom. Pour faciliter son intégration. Pour la protéger, aussi. Avant elle, sa grand-mère, Juive ukrainienne, avait aussi troqué son compromettant prénom de Pessah pour celui de Polina. C’était une autre époque. Faut-il encore cacher qui on est dans la société française ?
Dans un récit vif et drôle, ponctué de mots slaves et yiddish, la narratrice nous invite à partir à la recherche de son identité égarée, quelque part entre Moscou et Saint-Étienne dans les années 90. Lorsqu’elle était Pauline dehors et Polina dedans. Lorsqu’elle devait constamment « tenir sa langue » : ne pas parler français devant ses grands-parents restés à Moscou ; ne pas parler russe devant ses camarades et dévoiler sa véritable identité. Il ne faudrait pas que des deux mondes se (con)fondent l’un dans l’autre.
"Tenir sa langue" est un premier roman attendrissant, entre humour noir et colère , qui aborde la question de l’identité, des secrets de famille et de leur poids et du système français parfois absurde. Un roman à dévorer en une soirée!

Jarred McGinnis

Anne-Marie Métailié

22,00
26 août 2022

JULIE

Comment se raccrocher à la vie quand on se réveille paraplégique à 26 ans et que la seule personne à contacter est son père que l’on n’a pas revu depuis dix ans ? Avec un café et un donut, peut-être ?

De retour chez lui à Austin au Texas après un terrible accident qui l’a privé de ses jambes, Jarred constate que rien n’a changé, mais, pourtant, tout est différent. Jack n’est plus l’homme perdu, endeuillé et alcoolique qu’a quitté Jarred il y a une décennie. Jarred, lui, reste cet enfant terrible, brisé et désabusé qui accumule les bêtises, comme autant de tentatives désespérées de renouer un lien qu’il croyait définitivement perdu après la mort de sa mère.

Dans un récit lumineux qui alterne entre descente aux enfers, longue rédemption, et humour féroce, Jarred McGinnis raconte les retrouvailles douces-amères entre ce fils et son père. Cette souffrance qui les a éloignées jadis devient alors le vecteur d’une nouvelle relation, basée sur le pardon et peut-être même l’amour. Le Lâche est un premier roman traduit de l'américain, aussi bouleversant que cynique, aussi touchant que drôle pour nous raconter avec un regard forcément inspiré, la vie en fauteuil roulant.

Elin Cullhed

Éditions de l'Observatoire

22,00
25 août 2022

JULIE

Que s’est-il passé dans la vie de Sylvia Plath un an avant que celle-ci ne se donne la mort, le 11 février 1963, dans la maison de Yeats, à Londres, qu’elle occupe avec ses deux enfants ?

Passionnée par le destin de cette poétesse américaine, Elin Cullhed imagine les tourments qui l’ont conduite à mettre fin à une vie si courte et si passionnée. Dans cette œuvre de fiction (et non biographique comme elle le précise en préambule), la première traduite en française de cette autrice suédoise, Elin Cullhed nous entraîne au cœur de la dépression, de la folie et de la création.

Sylvia Plath attend son deuxième enfant quand le roman débute. Sous l’impulsion de son mari, le poète Ted Hughes, ils déménagent dans le Devon, au sud de l’Angleterre, où ils espèrent rénover un ancien presbytère. C’est un nouveau départ pour l’Américaine qui a déjà traversé des moments sombres : elle se lance à corps perdu dans ce nouveau rôle, pour lequel elle imagine le bonheur en retour . Très vite, elle est confrontée à la tristesse du climat, la froideur de son foyer, la solitude extrême. L’autrice des magnifiques "Ariel", "Daddy" et "Lady Lazarus" touche le fond. Quand Ted la quitte, elle connaît ce sursaut de vie – un autre volet de sa maladie – et la voilà propulsée dans une euphorie qui ravagera tout sur son passage.
"Euphorie" raconte cette femme brillante, féministe avant l’heure, qui se sera battue contre ses démons, et surtout contre elle-même tout au long de sa vie. "Euphorie" raconte cette dernière bataille.

Un texte magnifiquement traduit par Anna Gibson qui évoque la condition des femmes et leur difficulté à exister en tant que telles. Quels épanouissements dans le mariage ou la maternité ? L’écriture peut-elle offrir cet espace de liberté qui leur manque tant ? La vie de Sylvia Plath est une réponse à ces questions et pour ceux qui admirent déjà cette très grande poétesse comme pour ceux qui vont la découvrir, cette lecture est à son image: incandescente.

L'oiseau canadèche

Tishina

27,00
8 janvier 2022

L'Oiseau Canadèche, Jim Dodge, Tishina :
Pour tous ceux qui aiment :
- les canards (mais pas en magret...)
- la douce folie de Richard Brautigan
- l'humour tendre et décalé