Claire A.

L'Invention de nos vies
8,40
par (Libraire)
17 octobre 2014

Sam Tahar est un homme comblé. Socialement parvenu à ses fins après avoir épousé une femme issue des milieux new-yorkais les plus en vue, il exerce brillamment son métier d’avocat dans un des cabinets les plus prestigieux de Manhattan. Reconnu par ses pairs et par les siens, il n’a plus rien à espérer de la vie et pourtant.
Rattrapé par son passé plus que troublant, Sam Tahar est pris au piège de son propre jeu.
Comment faire pour réinventer sa vie quand elle repose sur un mensonge ? Comment faire table rase du passé en sachant que celui-ci a le pouvoir de resurgir sans prévenir ?
Ce roman captivant, à la construction haletante nous mène au plus profond de l’âme humaine. Karine Tuil telle une ethnologue, tisse une véritable chronique sociale, d’une modernité percutante tant le sujet de son roman semble plausible. Son analyse clairvoyante de la société est souvent très dérangeante : une société malade qui contraint à l’usurpation d’identité pour échapper à sa condition.
Finalement qui sommes-nous et jusqu’où sommes-nous prêt à aller pour assouvir nos ambitions ? Un roman violent et intelligent qui nous tient en haleine de bout en bout.

On ne voyait que le bonheur
par (Libraire)
17 octobre 2014

BOULEVERSANT

Il est difficile de trouver les mots justes pour parler du dernier roman de Grégoire Delacourt, tellement sa lecture fut émotionnellement déstabilisante. Il faut dire que l'auteur se livre en nous contant une histoire personnelle qui touche à l'universel. Comment se construire avec un père défaillant, une mère absente et comment réussir ensuite son "travail" de parent alors que l'essentiel a manqué ? Vous allez peut-être vous dire "encore une histoire de famille, j'en ai marre !" et pourtant croyez-moi, ce livre est un véritable coup de poing, une claque qui vous terrasse et que vous n'êtes pas près d'oublier.
Cette histoire, qui se lit d'une traite, est aussi un hymne à l'amour et au pardon ; pardon qui permet une reconstruction de soi pour mieux accepter l'autre et l'amour de l'autre.
Rarement un auteur a su parler aussi bien de la famille avec un grand F, et c'est précisément pour cette raison qu'il touche ses lecteurs, aussi différents soient-ils.

Un incontournable de cette rentrée littéraire 2014!!!!

Les nouveaux monstres 1978-2014
par (Libraire)
17 octobre 2014

Si Dolce Vita revisitait l'effervescence italienne des années 1960, la décadence des années de Plomb et se terminait avec l'assassinat du juge Aldo Moro en 1978, Les Nouveaux Monstres raconte l'Italie d’après les Brigades rouges, la naissance de l'ère berlusconienne et s'achève avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement actuel. Le récit commence au moment des obsèques du prince Valfonda, héros déchu de Dolce Vita. À cette occasion, Aria, la fille du prince, retrouve son oncle Saverio.

Journaliste d'investigation écrivant pour le journal Specchio Verde, Aria entretient une correspondance assidue avec Saverio, dans laquelle elle lui relate petit à petit le fruit de ses recherches. Aria a soif de vérité et de justice, elle s'évertue à révéler les connexions qui existent entre le pouvoir politique italien et la mafia. Elle réalise très vite, au cours de son enquête, que les plus proches soutiens de Berlusconi sont liés à la Cosa Nostra. Les faits évoqués sont édifiants et la démonstration implacable.

Derrière la figure d'Aria se cache évidemment celle de l'auteur, Française d'adoption mais Italienne d'origine. Simonetta Greggio dénonce une Italie corrompue, gangrenée par la mafia et s'interroge sur l'incapacité du pays, malgré son rayonnement mondial, à se sortir de cette situation. C'est la sphère politique tout entière qui est prise au piège. Et rien ne semble pouvoir enrayer cette spirale infernale.

Le récit, rythmé et construit comme un roman policier, est haletant et palpitant de bout en bout. Simonetta Greggio laisse le lecteur sidéré. La parution de son livre en Italie pourrait avoir un effet dévastateur. Saluons le courage de cette femme qui a été au bout de sa démarche intellectuelle malgré les risques encourus. Difficile de ne pas établir de parallèle avec Roberto Saviano qui, depuis la sortie de son livre sur la mafia napolitaine, Gomorra, vit sous protection judiciaire.

Big Brother

Lionel SHRIVER

Belfond

par (Libraire)
17 octobre 2014

Lionel Shriver maîtrise l'art des sujets qui fâchent et n'a pas son pareil pour parler de sujets tabous. Rappelons-nous son tout premier roman "Il faut qu'on parle de Kevin" qui évoquait sans détour les affres de la maternité, l’incompréhension d'une femme face à son fils et son incapacité à assumer son rôle de mère.
Son dernier roman est tout aussi dérangeant mais traite d'un sujet qui concerne la société riche occidentale dans son ensemble : l'obésité et le rapport que chacun entretient à son propre corps.
L’héroïne, Pandora, une jeune femme installée dans sa vie s'apprête à retrouver son frère Edison, qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans. Entre temps celui-ci est devenu obèse si bien qu'elle ne le reconnait pas en allant le chercher à l'aéroport. Celui-ci ne ressent pas le besoin de lui expliquer pourquoi il en est arrivé là et sa sœur ne peut s'empêcher de se sentir responsable de ce que son frère est devenu.
Elle décide alors de lui lancer un défi, repartir avec lui à New-York et entreprendre un régime pour l'aider à retrouver une vie normale.
Comme à son habitude Lionel Shriver mène son lecteur par le bout du nez et la surprise de fin est de taille !!! Elle torture son lecteur car elle aborde de manière subtile des sentiments forts: culpabilité, mensonge, non-dits, jalousie.

C'est une véritable impression de froid dans le dos qui demeure une fois le roman terminé.

Âmes sensibles s'abstenir !

Nous sommes l'eau

Wally LAMB

Belfond

23,50
par (Libraire)
17 octobre 2014

Haletant

Si vous êtes amateurs de romans américains, tels que "Le Prince des marées" de Pat Conroy ou bien les romans de John Irving, celui-ci est fait pour vous. Un roman psychologique abouti, solide, subtil et passionnant de bout en bout. Une lecture qui vous tient en haleine et que vous ne pourrez pas lâcher.
Annie Oh, mère de trois enfants, divorcée depuis peu, s'apprête à se remarier avec Viveca, galeriste new-yorkaise reconnue et influente.
Plus la date du mariage approche, plus les démons du passé liés à l'enfance d'Annie resurgissent, et celle-ci semble avoir du mal à les supporter. Il faut dire qu'Annie a toujours eu un comportement étrange : mère très aimante, elle était quelquefois capable de violence inexpliquée vis à vis de son fils. Cette violence, elle l'exprimait également dans sa peinture, qui était devenue une sorte d'exutoire salutaire.
Ce roman choral, parfaitement bien construit, nous rappelle une nouvelle fois combien il est difficile de faire table rase de son passé, et à quel point les non-dits peuvent laisser des traces sévères.
Magnifiquement orchestré de bout en bout, Wally Lamb signe là une histoire qui se lit d'une traite et qui ne vous laissera certainement pas indifférent.

Un très bon cru dans cette rentrée littéraire 2014 !